La palette des émotions en CNV

émotions« Ca m’énerve ! »

« J’y arriverai jamais, c’est trop difficile ! »

« Je suis nul, personne ne m’aime… »

« Génial, j’ai réussi ! »

Autant de phrases que nous pouvons entendre chez les adolescents, à l’école ou à la maison.

Quelles émotions cachent-elles ? Quels besoins non satisfaits expriment-elles ?

Nous connaissons tous les émotions de base que sont la colère, la peur, la tristesse et la joie. Mais connaissez-vous d’autres émotions ? Y-a-t’il certaines émotions que vous ne vivez jamais ? D’autres que vous vivez constamment et qui  pourraient cacher la réelle émotion qui vous anime?

Marshall B. Rosenberg nous invite à partager nos émotions avec les autres afin de créer un lien de coeur à coeur qui nous permettra d’être entendus. Mais comment faire si on n’a jamais appris à nommer les émotions qui nous traversent ? Quand parfois on n’est pas conscient que nos paroles sont animées par des émotions ? Quand nous pouvons confondre sentiments (qui sont souvent des opinions) de ce que nous éprouvons (émotions) ? Quand nous confondons interprétations (se sentir blessé, incompris, négligé) et émotions ?

Je vous propose ci-dessous une liste d’émotions qui peuvent nous animer et qui vont au-delà de « je me sens mal » ou « je me sens bien ».  Nous vivons tous en effet une vraie palette d’émotions différentes. Les connaître, c’est le premier pas pour les re-connaître en nous et chez nos enfants.

La liste est tirée du livre « Les mots sont des fenêtres ».

Lorsque nos besoins sont satisfaits, nous pouvons nous sentir :

Admiratif En effervescence Ragaillardi
Alerte En harmonie avec Rassasié
Amoureux En extase Rassuré
Amusé En sécurité Ravi
Apaisé Enchanté Reconnaissant
Attendri Encouragé Regénéré
Attentif Enjoué Regonflé
Aux anges Enthousiaste Réjoui
Béat Etonné Remonté
Bouleversé Exalté Satisfait
Etc !

Lorsque, au contraire, nos besoins ne sont pas satisfaits, nous pouvons nous sentir :

A bout Consterné Désemparé
Abasourdi Contrarié Désenchanté
Abattu Coupable Désespéré
Accablé Affligé Crispé
Désorienté Déstabilisé Détaché
Anxieux Défait Effaré
Dégouté Démoralisé Confus
Désabusé Dépassé Excédé
Etc !

Et il y en a beaucoup d’autres! Quelles sont les vôtres?

En résumé, dans la CNV (Communication Non Violente), on exprime ce qu’on observe puis notre émotion. La précision de cette dernière nous permettra d’identifier notre besoin non satisfait.

Puis, on effectue une demande. On en parlera la semaine prochaine : qu’est-ce qu’une demande ? Comment la différencier d’une exigence ? Et comment écouter l’expression des besoins, émotions et demande de l’autre ?

Je vous invite à visionner cette vidéo pour en savoir plus sur la CNV ici 

palette des émotions

De quoi mon ado a-t’il besoin?

besoinsMais de quoi est-ce que je parle lorsque j’évoque les « besoins » qui se cachent derrière nos mots et ceux de nos ados ?

Quel est le besoin derrière une porte qui claque, un mal de ventre pour ne pas aller à l’école, des habits outranciers et une attitude vulgaire ?

Marshall B. Rosenberg identifie 7 besoins que nous partageons tous, à divers degrés, quels que soient notre culture, notre âge et notre genre.

En voici un résumé tiré de son livre « Les mots sont des fenêtres », p. 77 et 78.

Il s’agit d’abord des besoins physiologiques : avoir un abri, de l’air, de l’eau, de la nourriture, être protégé contre les diverses agressions qui menacent la vie (virus, insectes, etc), s’exprimer par le mouvement, par la sexualité, se reposer, besoin de toucher (contact physique).

Viennent ensuite dans le désordre les besoins de :

  • Communion spirituelle (beauté, harmonie, inspiration, ordre, paix)
  • Jeu (amusement et rire)
  • Interdépendance (acceptation, amour, appartenance communautaire, appréciation, chaleur humaine, compréhension, confiance, exercer pleinement ses talents au service de la vie, délicatesse, empathie, sincérité, proximité, respect, sécurité, soutien)
  • Intégrité (authenticité, créativité, estime de soi, recherche de sens)
  • Célébration (célébrer la création de la vie et les rêves réalisés ; célébrer les deuils des êtres chers et des ambitions déçues)
  • Autonomie (liberté de choisir ses rêves, ses projets de vie, ses valeurs – liberté de choisir son plan d’action, ses projets de vie, ses valeurs)

Avec les ados que j’accompagne, je me pose toujours la question de savoir quel est le besoin non satisfait derrière leurs mots, leurs actes et leurs émotions. Souvent, identifier ce besoin est une des clés qui peut les aider à accéder à ce qu’ils veulent vraiment.

J’interroge tout d’abord les besoins physiologiques : cette adolescente dort-elle assez ? Mange-t’il correctement ?Font-ils assez d’exercice ?

Gardons en tête que nous partageons tous les mêmes besoins mais que le besoin d’autonomie est exacerbé chez nos chers adolescents : alors, aidons-les à le combler !

Elle a besoin d’autonomie ? Peut-être que claquer la porte est une manière de nous le signifier.

Il a mal au ventre ? Il a peut-être besoin d’appréciation et d’appartenance communautaire à l’école.

Ses habits sont outranciers et vulgaires ? Cherchons en quoi cette attitude vient rencontrer un besoin.

Un petit jeu pour apprendre à reconnaître nos besoins sur le super site de apprendreaeduquer.fr

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Inspiration: Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Marshall B. Rosenberg

fenêtreComment communiquer de façon bienveillante ? Comment écouter les besoins exprimés par notre adolescent sans se bloquer sur le ton ou la manière dont il les exprime ? Comment ne pas prendre ce qu’elle nous dit personnellement mais entendre le besoin qui se cache derrière ses mots? Comment pouvons-nous dire simplement et concrètement ce dont nous avons besoin ?

Au moyen d’exercices pratiques, de témoignages et d’explications pratiques, l’auteur Marshall B. Rosenberg nous donne les clés pour une communication bienveillante et efficace grâce à laquelle un dialogue peut s’instaurer. En tant que parent ou enseignant, c’est un outil extraordinaire et exigeant qui nous permettra de vraiment écouter l’enfant en face de nous (et l’enfant à l’intérieur de nous 😉 ). Cela demande de la pratique car nous ne sommes pas habitués à prendre du recul sur nos mots. Mais je crois que cela en vaut la peine, ne fut-ce que pour montrer l’exemple à nos enfants en espérant que cette manière de communiquer qui nous est étrangère devienne pour eux comme une seconde langue.

Concrètement, il s’agit d’observer ce qui se cache derrière nos propres mots et ceux que nous entendons. Quel est le besoin non satisfait ? De quoi avons-nous besoin ? De quoi a besoin notre enfant ?

Ne pas interpréter c’est écouter et voir sans filtre, sans se sentir attaqué par ce que nous observons.

Il ne fait pas ses devoirs ? Ne lui collons pas l’étiquette du paresseux.

Elle répond agressivement à nos demandes ? Voyons comment le fait de lui exprimer notre besoin de calme/ ordre/ discipline peut l’aider à mieux accepter cette demande.

Dans un second temps, l’expression de notre besoin s’accompagnera d’une demande précise pour que notre ado y réponde.

Je crois qu’il est important de s’assurer que nous avons entendu son propre besoin, et d’accepter qu’il y ait négociations de sa part: elle risque de le dire haut et fort et ça peut décoiffer!

Un exercice hautement diplomatique mais qui peut vraiment aider à trouver plus d’harmonie en famille.

Personnellement, je vais essayer d’appliquer la Communication Non Violente (CNV) en gardant à l’esprit que, de même qu’une langue étrangère s’apprend en plusieurs mois, j’aurai besoin de temps pour apprivoiser ce nouveau langage ! La bienveillance s’applique d’abord à soi-même: qu’en pensez-vous?

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un résumé ici

 

Estime de soi et confiance en soi

Samedi, je suis intervenue auprès d’un groupe de jeunes adolescents dans le cadre des ateliers « apprendre à apprendre ».

Ce qui m’a interpellée, c’est que ces ados semblaient avoir une estime d’eux élevée alors que leur confiance dans leurs capacités scolaires paraissait plutôt basse.

Comment expliquer ce hiatus ?

Notre estime personnelle est construite tout au long de notre enfance et provient directement d’un environnement familial où notre valeur est incontestable -peu importent les circonstances – et où nous avons construit les croyances suivantes :

  • Je m’aime
  • Je suis important
  • Je vaux quelque chose

La confiance en soi  est un sentiment de sécurité intérieure par rapport à notre propre compétence. Si nous échouons (à l’école, au travail, etc), elle peut dégringoler tandis que si nous réussissons elle redevient haute.  Elle est haute si les affirmations suivantes sont vraies :

  • Je suis capable
  • Je suis à la hauteur
  • J’ose essayer

Seule une bonne estime de soi peut nous aider à rebondir après un ou plusieurs échecs répétés. D’où l’importance d’aider nos enfants à la construire.

Comment ? En accordant de l’importance à leurs besoins, émotions et valeurs. C’est de cette manière que leur estime d’eux même sera comme un phare pour eux, peu importent les expériences bonnes et moins bonnes qu’ils seront amenés à vivre.

Comment aider nos ados à retrouver la confiance en eux ? En les soutenant lors de leurs apprentissages et échecs car c’est l’expérience qui va leur apprendre qu’ils sont capables (si ils acquièrent les compétences nécessaires), qu’ils sont à la hauteur et qu’ils peuvent oser.

Pour plus de détails voire ce site http://www.infopsy.com/estimeconf1.html

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Inspiration: « Les lois naturelles de l’enfant », Céline Alvarez

Il était depuis cet été dans ma bibliothèque : finalement, je l’ai lu ! Le livre de Céline Alvarez « Les lois naturelles de l’enfant » révolutionne l’enseignement en alliant les recherches en psychologie cognitive, neurosciences et pédagogie et en les vulgarisant pour le grand public.

Alors, le ton est parfois un peu agaçant car l’auteure nous assène d’un ton docte ce qui (me) paraît des évidences mais elle a le mérite de s’appuyer sur des chiffres, statistiques et imageries médicales qui ne laissent place à aucune interprétation et surtout elle est d’un enthousiasme contagieux!

Et connaître le fonctionnement naturel du cerveau lors de l’apprentissage de la lecture ou savoir qu’il existe un « programme calcul » que nous possédons tous à la naissance permet à la didactique d’enseigner en fonction et non pas d’aller à l’encontre de ces « lois naturelles ». C’est une piqûre de rappel pour tous ceux qui œuvrent dans l’éducation -enseignants, parents, coachs scolaires, psychologues.

Et puis ce que j’ai apprécié, c’est l’emphase que Céline Alvarez met sur l’importance d’un environnement bienveillant où le plaisir d’apprendre, la curiosité et la capacité d’attention innée de l’enfant pour ce qui est important pour lui permet l’apprentissage des éléments langagiers et mathématiques essentiels de notre culture.

Il nous appartient d’offrir à l’enfant, être social d’exploration et d’action, cet environnement.

Un livre à lire, une auteure à suivre !

Son site internet : https://www.celinealvarez.org/17-videos-pour-demarrer

Une conférence de deux pédagogues sur l’apprentissage dans le cadre de l’association Ankara Accueil pour en savoir plus sur le sujet : https://www.ankaraaccueil.com/single-post/2017/12/05/Transmission-des-connaissances-la-th%C3%A9orie-de-apprentissages

Un atelier pratique pour les adolescents afin de réveiller ce qui est inné en eux (plaisir d’apprendre, curiosité et capacité d’attention) : https://www.ankaraaccueil.com/single-post/2017/12/04/A-quoi-%C3%A7a-sert-dapprendre

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Elle m’inspire: Camille de « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une »

« Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une »… Voilà un roman qui avait tout pour me déplaire : un titre à rallonge qui prétend me donner des conseils, peu de pages alors que j’aime les gros bouquins, et beaucoup de dialogues alors que je préfère les analyses de caractère et les descriptions bien longues !

Et pourtant…j’ai eu envie de mettre mes sarcasmes de côté et de comprendre pourquoi il avait tant de succès. Et puis, je travaille dans le développement personnel, alors autant me tenir à la page !

J’ai bien fait. Certes, ce n’est pas de la grande littérature mais là n’est pas l’objectif. En un peu plus de 200 pages, l’auteure, Raphaëlle Giordano, artiste et coach, nous raconte une tranche de vie d’une trentenaire mal dans sa peau, mal dans son couple, son boulot et sa relation à son fils. Par jeu ou par désespoir, Camille « qui a tout pour être heureuse » suit les conseils d’un « routinologue » qui l’aide à changer petit à petit sa vie. Tous ces conseils sont des outils que j’utilise dans ma propre pratique d’accompagnement et ça m’a vraiment interpellée de les voir intégrés à un récit. Comme si je les redécouvrais. Certains passages m’ont émue tandis que d’autres m’ont agacée mais je n’ai pas lâché le livre jusqu’à la fin et j’ai même eu envie de mettre en pratique les conseils du coach de Camille.

Comme quoi, on n’a jamais fini d’apprendre !

Un livre que je recommande pour ceux qui ont envie de voir leur vie changer positivement comme l’héroïne si attachante de Raphaëlle Giordano.

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« J’en ai marre de l’école! »

Quand votre ado se plaint qu’il n’aime pas l’école ou qu’il en a marre…que faire ? Vous pouvez lui rappeler que l’école est importante pour être en mesure de choisir son métier, plus tard. Lui dire qu’il aura un meilleur salaire si il a un diplôme, plus de responsabilités. Lui dire qu’il a de la chance, que d’autres à son âge doivent travailler ! Lui dire qu’on n’a pas toujours ce qu’on aime dans la vie….

Ou bien, vous pouvez adopter l’ « attitude coach » c’est-à-dire la capacité à écouter vraiment et à accompagner l’autre vers ses propres solutions.

Dans ce « je n’aime pas l’école » ou « j’en ai marre », il y a d’abord une émotion à entendre. Reformuler simplement « Tu n’aimes pas l’école » permettra à l’adolescent de se sentir entendu. Et ça, c’est essentiel dans une relation ado-parents.

Entendu, réconforté car il sait que son parent est prêt à l’écouter, l’adolescent devrait avoir envie de développer ce verdict contre l’école. Qu’est-ce qu’il n’aime pas exactement ? Les bancs de la classe pas confortables ? La sonnerie à chaque fin de cours ? Ou bien les comportements de ses camarades ? De ses profs ? Telle ou telle discipline ? Etudier sans comprendre ? A moins qu’il ait certaines croyances sur l’école qui ne soient pas les plus adaptées ?

En remontant palier par palier les niveaux logiques de la pyramide de Mr Dilts, on pourra ensemble diagnostiquer la raison de son manque de plaisir à l’école.

Et diagnostiquer, c’est le premier pas pour l’aider à trouver des solutions !

Ici à Ankara, j’organiserai des ateliers « apprendre à apprendre » dont le premier « Je n’aime pas l’école » (inspiré des ateliers pédagogiques de Hélène Weber  www.donnezdusens.fr et des outils de la PNL) permettra ce diagnostique et d’envisager des pistes de solutions. Affaire à suivre sur le site de l’association Ankara Accueil Francophone !

pyramide de Dilts