5 conseils pour être une prof écolo et qui s'assume!

5 conseils pour être une prof écolo et qui s’assume!

Peut-être cela fait-il bien longtemps que tu te sens « écolo », que tu manges bio et que tu essaies d’acheter un maximum de produits équitables. Mais peut-être viens-tu seulement de prendre conscience de l’impact de tes actions quotidiennes sur l’environnement. Et sur l’urgence de limiter les dégâts pour notre planète.

Que ce soit grâce au Zéro Déchet de Béa Johnson, par une lecture du (si beau!) collapsologue Pablo Servigne ou grâce à un film comme Demain de Cyril Dion (je viens de te décrire mon propre parcours 😉 ), te voilà au point où tu ne peux plus faire autrement que d’en parler autour de toi.

Et quoi de mieux qu’un public d’enfants et d’adolescents à qui partager cette urgence? Ce sont les premiers concernés puisque nous leur léguons un monde en crise (environnementale, crise de l’énergie, de la confiance dans les politiques etc) qu’ils devront gérer dans 10-20 ans. Ils ont une énergie incroyable (si, si même les ados qui ont besoin de s’engager dans une cause) qu’on peut canaliser. Et ils n’ont pas encore les contraintes mentales que nous avons, nous les adultes. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, donc ils l’ont fait » comme nous l’a dit si joliment Mark Twain.

Quand j’ai assumé d’être une prof écolo, je me suis sentie plus authentique avec mes élèves et avec mes collègues. Et j’ai eu des retours incroyables d’élèves me disant que je leur avais changé la vie (ça fait du bien à l’égo 🙂 ) et d’idées innovantes sur la manière de rendre leur environnement en lien avec les enjeux écologiques d’aujourd’hui.

Alors vas-y, amuse-toi! Voici 5 conseils issus de ma pratique d’enseignante ainsi que de mes lectures pour assumer ton envie de changer les choses.

1. Modifie ton environnement

Tu es libre de changer les feutres polluants pour tableaux blancs pour des crayons gras qui s’effacent aussi rapidement. Ils sont beaucoup moins polluants et davantage durables! Et dans ta classe ou ton établissement, tu peux très bien instaurer un système de tri des déchets. A l’extérieur, il y a aussi la possibilité de créer des plantations. Pas seulement pour l’observation mais pour apprendre aux enfants à jardiner. Il y a plein d’autres possibilités: composteur, repas bios et/ou végétariens à la cantine, goûters « zéro-déchet », récupération d’eau etc!

Si tu apportes ta gourde en aluminium et que tu montres tes sacs en tissu, tes achats en vrac…tu montreras l’exemple aux enfants qui scrutent leurs profs, tu le sais bien. Et rien ne vaut l’exemple sachant que les enfants et les adolescents apprennent en imitant (voir ici). Pour les adolescents, il y a en plus l’aspect imitation du groupe qui est souvent décrié (« ils s’habillent tous pareils!) mais qui est une part essentielle de leur développement (ressembler aux pairs pour se différencier des parents et trouver son individualité voir les travaux de Ch. Cannard). Tu peux en jouer et être sûre qu’il y aura un phénomène d’imitation en-dehors de ta classe voir à l’échelle mondiale si on pense aux manifestations pour le climat initiées par la jeune Greta Thunberg. Vois grand!

2. Innove dans tes pratiques pédagogiques

Tu auras sûrement envie, dans un premier temps, de « pédagogiser » toutes ces idées en essayant de les lier à ta matière. Et, si tu n’y parviens pas totalement, tu pourras avoir l’impression que ces projets empiètent sur ton temps ou que les autres (collègues, direction, parents) penseront que tu le perds carrément, ce temps . Et que tu risques de ne pas faire tout ton programme.

C’est effectivement un risque.

Pour éviter cet écueil, je suggère toujours aux Actrices de l’éducation qui sont au sein de l’école de voir les choses par l’autre bout de la lorgnette. Et si tu travaillais par projet? Et si tu collaborais avec les autres enseignants -ou que tu impulsais cette collaboration si tu es directrice? Ce n’est pas facile de « voir » une matière avec un seul projet mais beaucoup plus réalisable d’apprendre des notions du programme issues de multiples disciplines. Ok, ce n’est pas chose aidée à mettre en place. Mais tu as plein d’autres possibilités, notamment celle de travailler avec les collègues de ta discipline sur les autres cycles.

L’interdisciplinarité te permettra de vivre ce qui te tient à coeur tout en respectant tes engagements de transmission envers l’éducation nationale, les élèves et leurs parents. Avec des ingrédients totalement nouveaux, on ne peut pas toujours utiliser les mêmes recettes: je crois vraiment qu’il faut adapter ta pratique pédagogique aux nouveaux enjeux de notre société.

Il existe d’autres pratiques innovantes ou simplement moins connues: le numérique, l’explicitation des codes scolaires, la classe inversée ou simplement l’application des découvertes des neurosciences: à toi d’oser les embrasser pour qu’elles servent tes idéaux.

3. Trouve une posture d’éducatrice plus en lien avec tes valeurs

Si la protection de l’environnement est une question importante pour toi, autorise-toi à en faire le coeur de ton métier. Et si tu souhaites que les jeunes dont tu as la responsabilité s’emparent de cette question, adapte ta posture ponctuellement. Nous sommes habituées à la posture magistrale, qui fait descendre l’information du haut (toi) au bas (les élèves) mais elle ne permet pas aux élèves de se sentir auteurs de leurs apprentissages et donc d’adhérer au message que tu leur transmets. Les techniques les plus efficaces pour qu’un groupe d’individus adhèrent à un projet ou une idée font en sorte que ce groupe y participe, voire crée de toutes pièces le projet. Cela assure sa pérennité: et c’est ça que tu souhaites, non?

Si tu as très envie de mettre un lombricomposteur dans ton établissement, et surtout qu’il soit utilisé par tous et à bon escient il te faudra peut-être accepter qu’un autre projet passe avant celui-ci: un projet qui a davantage de sens pour les élèves ou tes collègues.

En ce qui concerne les techniques, elles font partie de la boîte à outils des animateurs, coachs et facilitateurs (world café par exemple). Quant à ta posture, celle de l’enseignante-facilitatrice (celui qui rend plus aisé les discussions et l’émergence d’idées novatrices) mérite que tu t’y attardes et que tu t’en empares. Il est urgent que les êtres humains s’entraident et se manifestent la solidarité dont nous avons besoin en ce temps de crise.

4. Assume ta différence

Peut-être es-tu la seule de ton établissement à avoir cette conscience écologique. Peut-être te sens-tu jugée pour tes idées ou ridiculisée par tes choix de vie (si tu viens au boulot à vélo alors que tout le monde vient en voiture, par exemple). Peut-être es-tu considérée comme la « baba-cool » de service et que tu n’oses pas aller encore plus loin dans tes convictions de peur d’effrayer des parents plus classiques.

Ce n’est pas confortable de ne pas faire comme les autres, surtout dans une grosse structure qui a ses propres codes. Mais la structure change, du moins en surface: les notions de bienveillance, de plaisir dans l’apprentissage, l’éducation à l’environnement font partie officiellement des programmes et discours officiels.

Et surtout, en agissant selon tes valeurs et en accord avec ta mission professionnelle, tu découvriras le plaisir d’être « alignée ». Quand tes comportements et tes valeurs sont alignés, c’est que tu avances sur ton propre chemin et non celui dicté par les autres. Et ça, c’est tellement agréable! 

5. Réfléchis à ta mission de vie

Tu connais ta mission professionnelle : transmettre aux élèves l’éducation la plus complète, la plus juste et de la façon la plus efficace possible. Mais connais-tu ta mission de vie? Tu as peut-être fait l’exercice de l’ikigai dans un précédent article, ce qui t’a donné des indications précieuses sur ce que tu aimes et ce que tu peux offrir au monde. Le développement de ton intelligence émotionnelle t’aidera à y voir encore plus clair. A la différence de l’ikigai qui te propose de recevoir une rémunération pour ta « raison de te lever le matin avec énergie » (traduction du japonais not by me 😉 ) , la mission de vie a un aspect moins matériel et plus spirituel. Cette mission pourra se décliner tout au long de ta vie, non seulement professionnelle mais aussi personnelle. C’est la phrase que tu aimerais gravée comme épitaphe ou qu’on dise de toi quand tu auras quitté ce monde.

La connaître te permettra d’ajuster tes actions en fonction, tout comme le nord pointé par la boussole sur ton chemin de vie.

En tant qu’Actrice de l’éducation, tu peux aider tes élèves à, petit à petit et en fonction de leur âge, trouver leur propre mission à travers les apprentissages et les expériences qu’ils feront avec toi.

Bonne route!

Pour en savoir plus sur le Zéro Déchet c’est ici

Sur la collapsologie et Pablo Servigne

Et sur le film Demain, ici

Si cet article t’a plu, inscris-toi à la newsletter pour en recevoir d’autres régulièrement. Je lancerai le podcast Actrices de l’éducation cet été 2019 afin que tu entendes d’autres femmes inspirantes qui, comme toi, veulent agir au quotidien pour l’école et les élèves.

Bonne lecture et à bientôt!

Amandine

Je soutiens et rebooste toutes les Actrices de l’éducation qui veulent oser sortir des sentiers battus et assumer leur leadership féminin et pédagogique. La transition écologique est aussi féminine et éducative!

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