5 conseils « spécial profs » pour éviter le burn-out des enseignants

Le burn-out est un sujet d’actualité qui touche toutes les catégories socio-professionnelles et tous les métiers. Le Dr Komplita parle de « pandémie psychiatrique« . Les enseignants y sont particulièrement vulnérables pour plusieurs raisons.

 

Symptômes

A ne pas confondre avec la dépression, le burn-out entraîne des symptômes d’irascibilité, de sautes d’humeur, une impression de courir après le temps , d’être incompétent et une difficulté à reconnaître sa souffrance. Il touche les personnes très investies, volontaires et perfectionnistes. Si tu te reconnais dans cette description, fonce chez ton médecin pour prendre du repos. C’est urgent!

 

Les raisons du burn-out

D’après une étude de 2012, les risques psycho-sociaux ont 6 dimensions que je développerai ici pour les enseignants:

  • intensité au travail: pression de résultat, rythme, exigence de compétence élevée, équilibre vie pro/vie perso
  • exigences émotionnelles: nécessité de maîtriser ses émotions en public, de gérer des conflits
  • autonomie et marge de manoeuvre: possibilité d’être acteur de son travail, de participer aux décisions etc
  • rapports sociaux: relationnel entre collègues, avec la hiérarchie, reconnaissance
  • conflits de valeur et le sens du travail: si ce qui est demandé à l’enseignant est en contradiction avec ses valeurs
  • insécurité économique: risque élevé de perdre son emploi, de changer de tâche ou de conditions

Clairement, ces risques sont élevés pour certains enseignants en fonction du contexte dans lequel ils évoluent. Que tu sois soutenue par ta direction ou non, que ton collège possède tout le matériel nécessaire ou pas et que tu te sentes valorisée ou pas dans ton travail influenceront ces risques.

 

Conseils

Quelques conseils inspirés de mes clientes enseignantes, de mes lectures et de ma propre expérience d’enseignante au bord du burn-out!

 

1.Distingue ce qui dépend de toi de ce qui ne dépend pas de toi pour chacun des domaines évoqués

Peux-tu changer quelque chose dans l’intensité de ton travail? Ton rythme, tes priorités, l’équilibre entre ta vie personnelle et ta vie professionnelle?

Pourrais-tu acquérir des compétences pour le domaine des exigences émotionnelles? En te formant à une méthode, à la gestion de conflits?

Peux-tu participer aux décisions de ton établissement?

Qu’est-ce qui dépend de toi dans les rapports sociaux à ton travail?

Tes valeurs sont-elles heurtées par ce qu’on te demande au travail?

As-tu une certaine latitude dans l’aspect économique de ton travail de prof?

 

2.Change ce qui dépend de toi

Parfois, ce qui te bloquera sera simplement la crainte d’être jugée, critiquée. Ou alors tu penses que tu n’es pas autorisée à changer ta façon de travailler. Vois dans ce qui dépend de toi, ce que tu peux faire pour changer les choses.

 

3. Choisis entre accepter et refuser ce qui ne dépend pas de toi

Il y a aussi certaines choses qui ne dépendent pas de toi. Ou pas uniquement. Vois quelle est ta zone d’action dans ce que tu vis au quotidien et la zone qui dépasse ton influence. Vois aussi que certaines choses qui te déplaisent te permettent au long terme d’atteindre tes objectifs. Acceptes-tu de devoir jongler entre 4 établissements? Et si oui, pour quelle raison le fais-tu? Quel rêve veux-tu atteindre? Quelle valeur veux-tu vivre?

Enfin, prends un temps pour réfléchir à tes valeurs et à la possibilité de les vivre dans ton job. Si elles ne peuvent être vécues au travail, où d’autre pourrais-tu les expérimenter pour te sentir bien? Y-a-t’il certaines de tes valeurs qui sont incompatibles avec celles de l’école telle qu’elle est aujourd’hui?

 

4. Détermine les croyances personnelles qui t’empêchent de te sentir bien dans ton métier

Souvent, elles commencent par « je dois » ou « il faut ». Fais-en une liste et écris-les de la façon la plus automatique qui soit. Avec un peu de chance, tu vas même tomber sur des croyances inconscientes et des auto-injections issues de ton enfance, du style « dépêche-toi », « fais des efforts », « sois gentille » « sois parfaite » et « sois forte ». Exemples personnels

  • je dois toujours être gentille
  • je ne dois pas me montrer faible
  • dans la vie, il faut faire des efforts
  • au boulot, il faut absolument boucler tout le programme
  • etc etc!

Pour finir, joue à l’avocate du diable: est-ce que tu dois vraiment, en toutes circonstances, à tout moment et pour tous faire/être ce que tu viens d’écrire? Et si tu ne le faisais pas partout/tout le temps/pour tous, que se passerait-il?

 

5. Entoure-toi d’une communauté positive de personnes qui te ressemblent

Ne reste pas seule, cherche autour de toi avec quels collègues tu pourrais créer un espace d’échange de bonnes pratiques sur les domaines à risques du métier. Ou sur tes pratiques pédagogiques, les valeurs que tu défends ou toute autre chose qui te tient à coeur.

Ne reste pas seule!

 

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A bientôt!

Amandine

 

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