Estime de soi et confiance en soi

Samedi, je suis intervenue auprès d’un groupe de jeunes adolescents dans le cadre des ateliers « apprendre à apprendre ».

Ce qui m’a interpellée, c’est que ces ados semblaient avoir une estime d’eux élevée alors que leur confiance dans leurs capacités scolaires paraissait plutôt basse.

Comment expliquer ce hiatus ?

Notre estime personnelle est construite tout au long de notre enfance et provient directement d’un environnement familial où notre valeur est incontestable -peu importent les circonstances – et où nous avons construit les croyances suivantes :

  • Je m’aime
  • Je suis important
  • Je vaux quelque chose

La confiance en soi  est un sentiment de sécurité intérieure par rapport à notre propre compétence. Si nous échouons (à l’école, au travail, etc), elle peut dégringoler tandis que si nous réussissons elle redevient haute.  Elle est haute si les affirmations suivantes sont vraies :

  • Je suis capable
  • Je suis à la hauteur
  • J’ose essayer

Seule une bonne estime de soi peut nous aider à rebondir après un ou plusieurs échecs répétés. D’où l’importance d’aider nos enfants à la construire.

Comment ? En accordant de l’importance à leurs besoins, émotions et valeurs. C’est de cette manière que leur estime d’eux même sera comme un phare pour eux, peu importent les expériences bonnes et moins bonnes qu’ils seront amenés à vivre.

Comment aider nos ados à retrouver la confiance en eux ? En les soutenant lors de leurs apprentissages et échecs car c’est l’expérience qui va leur apprendre qu’ils sont capables (si ils acquièrent les compétences nécessaires), qu’ils sont à la hauteur et qu’ils peuvent oser.

Pour plus de détails voire ce site http://www.infopsy.com/estimeconf1.html

phare

 

 

Inspiration: « Les lois naturelles de l’enfant », Céline Alvarez

Il était depuis cet été dans ma bibliothèque : finalement, je l’ai lu ! Le livre de Céline Alvarez « Les lois naturelles de l’enfant » révolutionne l’enseignement en alliant les recherches en psychologie cognitive, neurosciences et pédagogie et en les vulgarisant pour le grand public.

Alors, le ton est parfois un peu agaçant car l’auteure nous assène d’un ton docte ce qui (me) paraît des évidences mais elle a le mérite de s’appuyer sur des chiffres, statistiques et imageries médicales qui ne laissent place à aucune interprétation et surtout elle est d’un enthousiasme contagieux!

Et connaître le fonctionnement naturel du cerveau lors de l’apprentissage de la lecture ou savoir qu’il existe un « programme calcul » que nous possédons tous à la naissance permet à la didactique d’enseigner en fonction et non pas d’aller à l’encontre de ces « lois naturelles ». C’est une piqûre de rappel pour tous ceux qui œuvrent dans l’éducation -enseignants, parents, coachs scolaires, psychologues.

Et puis ce que j’ai apprécié, c’est l’emphase que Céline Alvarez met sur l’importance d’un environnement bienveillant où le plaisir d’apprendre, la curiosité et la capacité d’attention innée de l’enfant pour ce qui est important pour lui permet l’apprentissage des éléments langagiers et mathématiques essentiels de notre culture.

Il nous appartient d’offrir à l’enfant, être social d’exploration et d’action, cet environnement.

Un livre à lire, une auteure à suivre !

Son site internet : https://www.celinealvarez.org/17-videos-pour-demarrer

Une conférence de deux pédagogues sur l’apprentissage dans le cadre de l’association Ankara Accueil pour en savoir plus sur le sujet : https://www.ankaraaccueil.com/single-post/2017/12/05/Transmission-des-connaissances-la-th%C3%A9orie-de-apprentissages

Un atelier pratique pour les adolescents afin de réveiller ce qui est inné en eux (plaisir d’apprendre, curiosité et capacité d’attention) : https://www.ankaraaccueil.com/single-post/2017/12/04/A-quoi-%C3%A7a-sert-dapprendre

alvarez

« J’en ai marre de l’école! »

Quand votre ado se plaint qu’il n’aime pas l’école ou qu’il en a marre…que faire ? Vous pouvez lui rappeler que l’école est importante pour être en mesure de choisir son métier, plus tard. Lui dire qu’il aura un meilleur salaire si il a un diplôme, plus de responsabilités. Lui dire qu’il a de la chance, que d’autres à son âge doivent travailler ! Lui dire qu’on n’a pas toujours ce qu’on aime dans la vie….

Ou bien, vous pouvez adopter l’ « attitude coach » c’est-à-dire la capacité à écouter vraiment et à accompagner l’autre vers ses propres solutions.

Dans ce « je n’aime pas l’école » ou « j’en ai marre », il y a d’abord une émotion à entendre. Reformuler simplement « Tu n’aimes pas l’école » permettra à l’adolescent de se sentir entendu. Et ça, c’est essentiel dans une relation ado-parents.

Entendu, réconforté car il sait que son parent est prêt à l’écouter, l’adolescent devrait avoir envie de développer ce verdict contre l’école. Qu’est-ce qu’il n’aime pas exactement ? Les bancs de la classe pas confortables ? La sonnerie à chaque fin de cours ? Ou bien les comportements de ses camarades ? De ses profs ? Telle ou telle discipline ? Etudier sans comprendre ? A moins qu’il ait certaines croyances sur l’école qui ne soient pas les plus adaptées ?

En remontant palier par palier les niveaux logiques de la pyramide de Mr Dilts, on pourra ensemble diagnostiquer la raison de son manque de plaisir à l’école.

Et diagnostiquer, c’est le premier pas pour l’aider à trouver des solutions !

Ici à Ankara, j’organiserai des ateliers « apprendre à apprendre » dont le premier « Je n’aime pas l’école » (inspiré des ateliers pédagogiques de Hélène Weber  www.donnezdusens.fr et des outils de la PNL) permettra ce diagnostique et d’envisager des pistes de solutions. Affaire à suivre sur le site de l’association Ankara Accueil Francophone !

pyramide de Dilts

 

Résultats scolaires: faut-il s’inquiéter?

Faut-il s’inquiéter si votre enfant est en-dessous de la moyenne de sa classe ? Si ses résultats scolaires diminuent ?

Les notes sont importantes et, quand elles sont « bonnes », une valorisation extérieure gratifiante. Qui n’a jamais été content d’avoir un « beau » bulletin ? Quel plaisir de voir nos parents contents de nous !

Mais les notes sont un indicateur de quelque chose de plus important. Le plaisir d’apprendre, la capacité à comprendre, à analyser, à restituer et à mémoriser , la capacité à se projeter dans le futur se révèlent bien souvent par ce moyen.

Alors, oui, il faut s’inquiéter quand les résultats ne suivent pas. Si nous voyons notre adolescent étudier et faire ses devoirs, peut-être souffre-t’il de stress lorsqu’il est confronté aux questions de son professeur ? Peut-être aussi notre  manque-t’elle de méthode, de technique pour apprendre efficacement ? Ou alors, il a des lacunes dans une matière qui l’empêche aujourd’hui de suivre et de comprendre.

S’il étudie peu et que nous le sentons désengagé (pas envie d’aller à l’école, pas envie de faire ses devoirs) peut-être manque-t’il de motivation ?

Il y a des solutions à tout cela. Ne le laissons pas seul dans ce qui constitue la majeure partie de son emploi du temps et une des clés pour son futur.

Ses résultats évolueront à la condition qu’il maîtrise les outils de son métier d’élève.

Outils pour apprendre

Croyances autour de l’intelligence

perdu au collège

Beaucoup de mes clients adolescents ne comprennent pas ce qui leur arrive au Collège.

Ils réussissaient très bien en primaire : de bons résultats scolaires, des devoirs rapidement faits, une bonne compréhension de la matière et une écoute correcte en classe. On peut même dire que certains s’ennuyaient : c’était presque trop facile.

Puis, l’entrée en 6ème -en 1ère secondaire pour les Belges – a modifié la donne.

Soudain, leurs résultats baissent, les devoirs leur paraissent une montagne, ils commencent à perdre le fil en classe et réalisent qu’ils ne comprennent pas certains points de la matière.

Le stress arrive, ce stress qui paralyse et empire les choses -pas l’autre, celui qui booste.

Le stress arrive donc, et avec la baisse des résultats scolaires, la confiance en soi diminue, diminue encore…Ceux qui ont une bonne estime de soi arrivent tant bien que mal à s’accrocher, souvent avec l’aide de leurs parents. Pour d’autres, c’est la catastrophe et ils décrochent.

Que leur arrive-t’il ?

Beaucoup d’entre eux croient que lorsqu’on est intelligent, il n’est pas nécessaire de travailler pour réussir. Pire, ils croient que s’ils travaillaient, cela leur ferait perdre leur statut -si valorisant d’ado- intelligent. Selon Isabelle Filliozat et les chercheurs de l’université de Hong-Kong, la relation entre la croyance concernant l’effort et celle concernant la compétence a une influence majeure sur la motivation à l’école.

Le rôle des croyances -souvent inconscientes- est essentiel dans notre fonctionnement quotidien. Et si ils en adoptaient une nouvelle ? Changer de croyance n’est pas toujours facile ni désirable, mais cela est important lorsque celles qu’on avait adoptées nous desservent.

« Etre intelligent, c’est tout mettre en œuvre pour réussir », voilà une nouvelle croyance qui permettra à nos ados d’être à la fois efficaces à l’école et bien dans leurs baskets.

Pour leur faire comprendre, je compare souvent l’élève à un sportif de haut niveau qui a besoin de s’exercer et d’analyser sa pratique pour progresser.

Alors, on la leur propose, cette nouvelle croyance ?

effort sportif

Des projets qui ont du sens

Quel est le rapport entre écologie et adolescence ? me suis-je demandée aujourd’hui, alors que j’assistais hier à un atelier « zéro déchet ». A priori, aucun. Pourtant, et c’est ce que j’aime lorsque j’associe deux idées et qu’elles créent une troisième, il y en a un.

Je connais quelqu’un qui, à 17 ans, parcourait les rues de sa ville pour convaincre les gens qu’il était nécessaire de créer une constitution européenne. Je connais quelqu’un d’autre qui, au même âge, se prit de passion pour la religion. Moi, à 17 ans, je ne pensais qu’à ce que j’allais porter le lendemain et à mes cours ; pour le reste, je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était l’union européenne et il ne fallait pas me parler de religion. Je me sentais plutôt inutile.

Je voyais bien que certains de  mes camarades appartenaient à des chorales, ou à des clubs de sport, aux Scouts, à l’association de leur village. Et je voyais qu’ils avaient l’air heureux de participer aux projets de leurs groupes : un concert, un bal, un tournoi, un stand d’information.

Un club politique, un groupe de défense des animaux, un club de sport, du bénévolat permettent de s’investir -ce qui veut dire aussi d’investir en soi. Ils accompagnent l’adolescent dans la construction de son identité. Ils lui permettent d’évoluer entre pairs, une composante essentielle de son bon développement.

L’énergie créatrice des adolescents est une énergie qui peut soulever des montagnes. Pas ou mal utilisée, elle peut se perdre, gaspillée à jamais pour le monde, transformée en violence, en fanatisme ou en passivité face à la vie.

J’encourage les ados que j’accompagne à trouver un projet qui a du sens pour eux et à le défendre afin qu’ils apportent au monde leur énergie ( une énergie qui nous est nécessaire pour faire bouger les choses que nous, adultes, aimons tant conserver). Et n’oublions pas le pouvoir de l’exemple qu’évoque Isabelle Filliozat et commençons par le donner en nous investissant dans ce qui est important pour nous.

Je lui laisse le mot de la fin « Favorisons son ouverture vers des associations ou des engagements constructifs. Notre responsabilité d’adulte est de leur donner une place pour qu’ils se sentent appartenir au groupe, puissent développer leur pouvoir personnel, se sentir utiles et investir leur énergie débordante, leurs idées novatrices et leur créativité dans des projets qui ont du sens pour eux comme pour la société » (On ne se comprend plus, p.215)

manifestation en Pologne

Apprendre à se re-motiver

apprendre à se remotiver, à retrouver son chemin.
apprendre à se remotiver, à retrouver son chemin.

J’apprends la langue turque et je n’ai plus envie d’aller au cours. C’est difficile, la prof du premier niveau était nulle, les horaires sont contraignants, j’ai autre chose à faire etc etc ! J’en ai marre !

Parfois, l’enseignante m’interroge et je ne sais pas, je bafouille ; je n’aime pas ça.

Parfois,  quelqu’un me parle dans la rue -il est perdu- et je ne comprends rien du tout. Je suis obligée de dire que je ne parle pas turc : je n’aime pas ça non plus !

Et puis à quoi bon apprendre une nouvelle langue quand on connaît déjà l’anglais, langue internationale par excellence ? Je ferais mieux de perfectionner mon niveau dans cette langue au lieu de tenter désespérément d’en apprendre une autre !

😉 Voilà les réflexions qui me taraudent, ma motivation qui dégringole et je me dis que le bon dans cette expérience c’est que je suis à nouveau dans la peau de ces jeunes ados étudiants que j’accompagne en coaching ! Eux non plus n’aiment pas être en position de celui qui ne sait pas, eux aussi ont oublié la raison pour laquelle ils étudient, eux aussi ont autre chose à penser et à faire !

Alors, je me rappelle de ce que je sais sur l’apprentissage et la motivation et voici ce que je fais :

  • Je liste les raisons pour lesquelles j’ai décidé d’apprendre le turc (j’aime apprendre, j’ai du temps, c’est quand même plus pratique quand on habite en Turquie 😉 ) ;
  • Je me rappelle les valeurs qui sous-tendent ces raisons : qu’est-ce que ça va m’apporter d’important cette langue ? La capacité de me relier aux autres, l’indépendance, la curiosité (et ces raisons qui sont liées à ce qui est essentiel en moi me touchent plus que celles citées plus haut, elles me motivent et me poussent à agir) ;
  • Je m’organise afin d’étudier selon les techniques les plus favorables à la compréhension et à la mémorisation ;
  • Je repense aux projets qui sont vraiment importants à plus long terme et dans lesquels s’insère l’apprentissage du turc (comme moyen et non comme but) ;

Les ados ont besoin eux aussi d’être accompagnés dans leur manque de motivation ou de techniques d’apprentissages. Ils ne peuvent être laissés seuls dans leur ennui eux qui passent 8 heures par jour à l’école. C’est à l’école de mettre en place des lieux de parole et d’encadrement et si ce n’est pas fait, alors être accompagné par un coach peut être la clé pour retrouver son chemin vers leur futur tout en se sentant bien.

Et à nous adultes de réfléchir sur ce qui nous dé-motive dans la vie et de nous rappeler les valeurs qui ont sous-tendu nos choix. Peut-être ont-elles changé entre-temps ? Peut-être les a-t-on simplement oubliées ? Elles sont le Nord qui nous montre la direction, notre direction.