Ce que j’ai appris en devenant maman

Et si devenir maman était l’occasion d’apprendre et de développer son plein potentiel ?

C’est ce que j’ai vécu lorsqu’il y a 9 ans mon premier bébé est né!

Oh que j’en avais rêvé de ce moment, pendant les 9 mois d’attente heureuse de cette grossesse ! Entre mon boulot de prof, les nausées, le poids et la rétention d’eau, j’avais aimé sentir le bébé bouger dans mon ventre et imaginer à quoi il ressemblerait. J’avais eu une grossesse plutôt facile. Je restais debout dans les transports en commun. Je portais ce qu’il fallait porter notamment mon sac de prof bien lourd. J’avais décidé qu’être enceinte n’était pas une maladie (j’ai changé de point de vue depuis: pas une maladie mais un état à honorer) !

Il m’avait paru comme une évidence que j’allais donner naissance à ce bébé de façon naturelle, sans péridurale, sans besoin de personne sauf du papa, que j’allais l’allaiter pendant longtemps, qu’il serait en couches lavables, porté, en cododo et que c’est Maria Montessori qui allait me guider à travers ses jeunes années. J’avais découvert tout cela en 9 petits mois car mon intérêt jusqu’alors s’était porté plutôt sur les ados, de l’âge de mes élèves, que sur les petits.

Depuis que je savais que j’allais être maman et que j’allais devoir élever un enfant sur cette planète, je la voyais avec davantage d’attention. Je la trouvais si belle! Et en même temps je ressentais au plus profond de moi le mal qu’on lui faisait. Je voyais les animaux différemment et me sentais plus proche d’eux qu’auparavant. Les chiennes, les chattes, les vaches et les lapines étaient devenues mes sœurs mammifères. J’exagère à peine 😊. A partir de ce moment, j’ai cessé de manger de la viande issue de la mort d’un bébé animal.

Bref, ce bébé commençait déjà à chambouler ma vie alors qu’il était encore dans mon ventre !

Sa petite sœur née 19 mois plus tard et son petit frère quelques années après ont approfondi ce long apprentissage de la maternité…qui n’est pas terminé car nous allons bientôt vivre leur adolescence.

Devenir maman m’a fait apprendre plein de choses et m’a aidé à développer mon potentiel. Gérer des conflits, écouter attentivement, jongler entre les susceptibilités, ressentir ma puissance de femme qui donne la vie et qui nourrit… Parmi toutes ces choses, j’en ai retenu 4 essentielles.

On ne maîtrise pas tout...et c'est tant mieux

Pour commencer, la naissance de mon premier bébé ne s’est pas du tout passée comme je l’avais prévue… Avec mon conjoint, nous étions comme deux naufragés sur un radeau en pleine tempête. Le bébé ne se présentait pas bien… La douleur devenait ingérable et durait depuis bien trop longtemps. Bref, à mon grand désarroi, mon petit garçon est né au petit matin par césarienne d’urgence. Un accouchement qui m’a laissée traumatisée pendant plusieurs mois, tant physiquement que psychologiquement. Je me sentais nulle, comme si j’avais échoué. J’avais l’impression d’avoir été dépossédée de mon corps et que celui-ci avait failli…

J’étais submergée par un sentiment de responsabilité plutôt que par l’amour, comme 29% des jeunes mamans. Et comme 43% d’entre les nouvelles mamans, le flot d’hormones et tous les bouleversements en termes de réveils nocturnes etc m’ont fait sentir perdue et désemparée.

  • J’ai réalisé qu’une naissance pouvait s’imaginer mais ne se décidait pas à l’avance. Je comprenais enfin le concept de « lâcher-prise » !
  • Que « naturel » ne signifiait pas « facile » (et que dans beaucoup d’endroits dans ce monde, donner naissance était encore dangereux). Et que le concept de « naturel » dans un hôpital était compliqué à vivre…
  • Que lire 10 bouquins ne suffisait pas pour être préparée à un événement si puissant mais que des rencontres avec d’autres mamans, une préparation physique et émotionnelle auraient pu m’aider à accueillir le moment.
  • Que l’amour se développe, se nourrit, grandit.
  • Grâce à mes enfants, j’ai appris à ne plus vouloir maîtriser tous les détails mais à garder le cap à partir des valeurs qui me sont importantes. A m’adapter à leur individualité sans plaquer un type d’éducation ou de communication à tous. A ne pas les comparer aux autres ni à me comparer aux autres parents car j’ai compris que bien des choses échappent à notre contrôle.
 

Tout cela m’a permis de me sentir plus sereine et apaisée. J’ai vu que de petites actions pouvaient donner de grands changements. Et qu’une intention bien claire me permet de garder le cap tout en accueillant ce qui se trouve sur ma route. Car ce qui arrive est toujours source d’enseignements.

Professionnellement, devenir maman m’a permis de me sentir plus proche des familles qui me confiaient leurs enfants en classe et j’ai apprécié cela. J’ai été beaucoup plus efficace en organisation qu’à l’époque où j’étais sans enfants. Et j’ai pu aussi prendre du recul sur mon travail sans m’investir de façon démesurée et risquer ainsi le burn-out (ce que nous partage aussi Claire Verly dans le podcast #9).

On a besoin des autres...et de se faire confiance

Concernant l’allaitement, ce petit bébé avait été tellement malmené qu’il n’arrivait pas à téter et moi je ne savais pas du tout comment l’aider. Allaiter était naturel certes….mais comme nous étions deux individus visiblement maladroits, il était nécessaire que quelqu’un nous donne un coup de main ! C’est ma belle-maman et une sage-femme de la maternité qui m’ont appris à donner le sein et à encourager le petit à téter en lui donnant à la cuillère et à la seringue les premières heures.

De même, j’ai apprécié l’aide des personnes qui nous ont aidés mon mari et moi à prendre soin de nos enfants. Les nounous et les baby-sitters qui nous ont permis de continuer à travailler et de sortir de temps en temps. Les enseignantes et ATSEM qui ont transmis leur savoir à ce petit garçon hyperactif (ça ne devait pas être une sinécure !) ainsi qu’à sa sœur et à son frère. La famille qui a pris le relais pour nous aider à souffler. Et j’en oublie. Sans eux tous, je n’aurais pas pu y arriver aussi sereinement.

Le fait d’être maman au Cameroun et en Turquie m’a fait voir la maternité différemment. Là-bas, on n’est jamais seul.e.s à surveiller son enfant : tous les adultes se sentent en charge de tous les enfants. Parfois, c’est difficile pour une européenne comme moi de voir son enfant être grondé par un étranger mais cela m’a permis de développer une sorte de maternité pour tous. Je me sens maman avant tout de mes propres enfants mais aussi d’une certaine façon de tous les enfants du monde.

Une empathie qui s’est étendue aux adultes. Vivre ailleurs en étant maman m’a permis d’entrer différemment en relation avec les habitants. Nous pouvions parler de quelque chose qui nous était commun et qui marquait profondément notre humanité à tous : la grossesse, la naissance, l’éducation des enfants.

Tout n’est bien sûr pas rose quand on est une jeune maman au milieu des autres « anciennes » mamans !

Conseils non sollicités, partage d’expérience d’une autre époque ou de quelqu’un qui n’a pas les mêmes valeurs que vous sont autant de pressions qui s’ajoutent à celles issues des médias. Je pense notamment à la prise de poids puis à la perte de poids qui se doit d’être rapide pour certains magazines old schools. A la pression pro-allaitement ou anti-allaitement ! A la demande implicite faite aux femmes de se préoccuper d’écologiser leur foyer à coups de couches lavables ou de produits faits maison et qui ajoute de la charge mentale. Et surtout d’être complètement indépendante en ne comptant que sur elles-mêmes.

Je te conseille donc de profiter du soutien autour de toi TOUT EN te faisant confiance avant tout. Garde à l’esprit que chaque maman est différente ainsi que chaque circonstance.

Ainsi, au-delà de mon rôle de maman, cet apprentissage m’a permis d’apprendre à fixer des limites, à collaborer, à échanger et à voir les autres comme des partenaires et non comme des concurrent.e.s. Je me suis sentie femme adulte et puissante en lien avec d’autres dans leur puissance également. Une attitude porteuse d’énergie et de positif dans une société basée sur la compétition et l’individualisme.

Etre maman met en lumière nos parts d’ombres et il nous appartient de les explorer

Se faire confiance est essentiel quand justement les circonstances sont complexes. Une reprise de travail rapide, le fait d’être maman solo ou pas, des enfants atypiques sont autant d’événements qui peuvent malmener nos émotions, apporter des conseils non pertinents et qui te demandent d’être bien ancrée dans tes valeurs.

En grandissant, ce petit garçon s’est révélé turbulent, curieux, hyperactif et surtout réfractaire à tout type de cadre ! Pas évident à gérer quand on pense être quelqu’un de plutôt calme et patient. Il s’est avéré que mon mari et moi n’étions pas si calmes ni si patients que ça et que Bébé avait mis en exergue nos côtés « de l’ombre », ceux que l’on cache avec les années parce qu’on réalise que la société ne les accepte pas trop. Je pense notamment à une grande sensibilité et à une hyperactivité mentale chez le papa et moi !

J’ai ainsi dû développer des capacités à exprimer mes besoins, mes émotions et mes demandes (grâce à la CNV) afin d’accompagner mes enfants à développer les leurs. J’ai dû me poser des questions sur ma facilité à crier et à menacer, des comportements qui m’avaient faits souffrir quand j’étais petite mais que je répétais à mon tour…

Je n’avais pas prévu non plus que l’arrivée de sa petite sœur allait réveiller tant d’émotions et de souvenir enfouis dans mon inconscient ! Parce qu’elle est fille et qu’il ne m’a pas été simple d’être femme, je me sentais impliquée différemment dans son éducation. Je voulais qu’elle soit libre de ses choix, que son genre ne détermine pas l’expression de ses émotions, de ses pensées ou de ses goûts. Je suis heureuse de voir aujourd’hui qu’elle semble libre comme l’air et qu’elle ne se cantonne pas dans ce que la société attend en général d’une fille.

Mais j’ai vécu quelques moments difficiles quand j’ai ressenti d’anciennes émotions de tristesse et de colère non intégrées. Celles que j’avais ressenties quand j’étais moi-même une petite fille mais qui n’avait pu être exprimées ou entendues. La technique de l’EFT m’a permis d’accepter cette part d’ombre et de faire circuler à nouveau l’énergie de vie dans mon corps et dans mon esprit. Et surtout, de ne pas mélanger mon propre passé au présent de mes enfants.

En tant que coach en développement personnel, c’est un apprentissage essentiel qui me permet d’accompagner les personnes dans leurs propres parts d’ombre et les aider à vivre en conscience.

Les enfants nous apprennent énormément

Les enfants nous apprennent énormément … si nous voulons bien les écouter!

Ils n’ont pas les filtres ou les croyances éculées que nous nous trimbalons depuis des décennies. Ils sont ouverts, observateurs et perspicaces. Ils « mettent les pieds dans le plat » et nous permettent de réfléchir à nos habitudes et nos propres croyances à travers l’expression de leurs émotions et de leurs observations.

  • Quand mes enfants pointent du doigt mes incohérences ou mes ridicules, je suis heureuse de devoir m’expliquer et de modifier mes schémas de pensée figés ou des habitudes néfastes passées inaperçues. « Tu dis ça aujourd’hui mais hier tu disais autre chose, maman ! ». « Tu dis qu’il ne faut pas couper la parole mais tu viens de le faire avec papa ! ».
  • Quand ils expriment de façon bruyante leurs émotions, j’apprends à les écouter et à entendre les miennes. L’EFT m’y a beaucoup aidée (j’en parle ICI).
  • Quand ils sont submergés par l’intensité de ce qu’ils ressentent, j’essaie de les aider à prendre du recul afin de comprendre quels sont leurs besoins qui doivent être rencontrés. Je n’y arrive pas à chaque fois mais l’exercice est formateur tant pour eux que pour moi!

Enfin, pour moi qui ai tendance à être beaucoup dans le mental et l’imaginaire, vivre avec des enfants et les mettre au monde m’a aidée à revenir à la terre, au corporel et au pragmatique. Les soins du corps, les jeux sur la balançoire, les berceuses chantées au milieu de la nuit, les petits bobos et les grandes étapes du développement des enfants sont autant de moyens pour moi de m’ancrer dans l’Ici et Maintenant. Pour cela aussi, je les en remercie!

Au quotidien, cela se traduit par une plus grande attention à mon niveau d’énergie et à ma santé en général. J’ai appris à aimer le travail de la terre et m’en suis inspirée pour mon cours en ligne de 12 jours pour diminuer son stress grâce aux principes de la permaculture (dont tu trouveras le lien en bas de page si tu souhaites t’y inscrire gratuitement).

La maternité comme passage de vie transformant

La maternité est un passage plus ou moins difficile selon les circonstances. 

Dans tous les cas, il s’agit d’un changement important qui se fait à de multiples niveaux tant pragmatiques que spirituels.

La naissance de mes enfants a véritablement chamboulé ma perception de la vie et surtout…elle m’a aidée à revenir de façon radicale à moi-même, à ce qui est important et essentiel dans mon coeur et dans ma vie.

Ritualiser cette étape est une manière de l’intégrer quand elle ne l’a pas été ou pas suffisamment (c’est notamment ce que j’offrirai dans mes accompagnements dès septembre 2020).

Prendre du recul sur ce type d’étapes de la vie permet d’en retirer des enseignements, d’autant plus précieux et intenses quand ce passage s’est fait difficilement! 

J’espère que tu t’es reconnue dans cet article et je suis curieuse de savoir ce que toi, tu as appris en devenant maman.

Je t’invite à réfléchir aux grands passages de la vie comme je me plais à le faire et à trouver les enseignements que tu as pu en retirer en te posant les questions suivantes:

  • qu’est-ce qui était important pour moi avant cet événement et qu’est-ce qui est plus important à présent? Pourquoi?
  • Qu’est-ce qui a changé dans mon lien aux autres?
  • Qu’est-ce que j’ai appris sur moi-même et sur le monde? Est-ce quelque chose d’utile et de positif et en quoi?
  • Quelles compétences, qualités, savoirs, valeurs ai-je gagnés grâce à cet événement?

 

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