Et si je n’étais pas légitime? 3 conseils pour les femmes en reconversion qui veulent dépasser le syndrome de l’imposteur

Et si le syndrome de l’imposteur était le signe que tu as eu l’audace de t’aventurer hors des sentiers battus? Lors d’une séance découverte, une femme au parcours brillant dans des ONG m’a confié avoir envie de lancer son projet en éducation mais ne pas se sentir assez légitime pour le faire. Cette préoccupation est déjà revenue dans d’autres séances et elle m’a touchée également quand je me suis reconvertie professionnellement. J’étais en effet prof de français et je suis devenue il y a quelques années coach pour les Actrices de l’éducation qui cherchent leur juste place. Que tu sois en reconversion professionnelle ou simplement que tu cherches à développer autrement ton métier, cette question te touche peut-être et elle mérite donc un article !

 

Mais d’abord, qu’est-ce que le « syndrome de l’imposteur »?

Le syndrome de l’imposteur, c’est cette petite voix dans ta tête qui te dit que tu n’es pas assez légitime, que tu n’as pas assez d’expérience dans un domaine, pas d’expertise scientifique ni de diplôme reconnu…

Elle a un ton particulier, froid et cassant chez certaines, doucereux chez d’autres. Sous couvert d’être « raisonnable » ou logique, elle t’assène des pseudo-vérités ou te pose des questions décourageantes.

  • Si tu te demandes ce que les autres vont penser;
  • Si tu as peur d’être critiquée sur ton manque de compétences ou de diplômes;
  • Si tu vois tes expériences comme des échecs parce qu’elles n’ont pas été valorisées financièrement ou moralement;
  • Si pour toi le fait de ne pas atteindre l’excellence ou la perfection est synonyme d’échec;
  • Si tu crains de te lancer dans un projet parce que tu risques d’échouer ou de le faire médiocrement ;
  • Si tu te dis qu’à un moment ou à un autre les autres vont découvrir que tu n’es pas à la hauteur en mode « pour qui te prends-tu? »…

Alors, toi aussi tu souffres du syndrome de l’imposteur, comme plus de 50% des femmes (contre 39% des hommes…).

Avant de parler des conseils issus de mon expérience personnelle et de celle des personnes que j’accompagne, je te propose d’observer les causes de ce syndrome, les raisons pour lesquelles il touche davantage les femmes que les hommes et les conséquences qu’il peut avoir sur ta vie professionnelle et personnelle.

Des causes multiples

Le syndrome de l’imposteur ou syndrome de l’autodidacte a été identifié sous ce nom par des psychologues en 1978. Il ne s’agit pas d’une maladie mais d’une expérience répétée et déplaisante qui consiste à ne pas s’attribuer à soi-même les réussites qu’on vit mais à s’attribuer au contraire les difficultés qu’on peut expérimenter. Comme tout mécanisme de notre inconscient, il s’agit d’un système de protection de notre « égo » et, à ce titre, je te propose de l’honorer -même s’il est invalidant en ce moment.

Ses causes sont multiples et forment un cercle vicieux dont il est nécessaire de sortir radicalement pour entrer dans un autre cycle, vertueux celui-ci: celui de l’envie, de l’excitation à l’idée de lancer un nouveau projet et de la satisfaction d’agir en lien avec ses valeurs et sa mission.

Si tu es issue d’une famille où on a la critique facile et dans laquelle les échecs sont durement soulignés mais aussi d’une famille dans laquelle on valorise beaucoup les « succès » (accomplissements, diplômes etc) alors il est possible que tu aies développé en réaction une sensibilité accrue à ces catégories factices de notre esprit. Et peut-être n’y a-t’il pas eu pour toi la possibilité de te « planter » suffisamment bien et souvent pour apprendre à rebondir et à voir qu’avant d’atteindre un objectif …on apprend, comme l’enfant qui apprend à marcher.

Mais tout ne provient pas de ton enfance : le système scolaire (et la société en général) à travers son fonctionnement basé sur l’élitisme, l’individualisme, la comparaison, la notation et la hiérarchie a participé à ce syndrome dont tu souffres.

Au niveau professionnel, nous sommes dans une société qui a tant changé ces dernières années que des métiers sont apparus et qu’il a fallu acquérir de nouvelles compétences. Je pense notamment au numérique mais aussi à la communication. Tu as sans doute développé des savoirs qui n’ont pas été sanctionnés par un diplôme.

Enfin, le fait que tu sois une femme et que tu souffres de ce syndrome n’est pas anodin dans une société patriarcale qui, à travers les médias, la culture, le regard des adultes, la justice etc a fait passer le message aux filles qu’elles étaient « moins » que les hommes.

  • Moins fortes physiquement.
  • Moins douées en maths et en sciences.
  • Moins logiques.
  • Moins bonnes communicantes car trop émotionnelles
  • Moins bonnes en sport.
  • Moins expertes.

Et c’est tout à fait intégré dans nos esprits à tel point qu’à diplôme égal, une femme hésitera davantage qu’un homme pour postuler à un même poste. Elle se dira qu’elle ne remplit pas toutes les conditions tandis que les hommes penseront qu’ils en ont les capacités et qu’ils se formeront sur le tas.

Ces croyances proviennent aussi de l’époque de la chasse aux sorcières lors de laquelle les femmes ont été persécutées pour des raisons avant tout économiques et basées sur la peur de l’autre, de ce qu’on ne connaît pas, de ce qui est différent. Une partie de la société a voulu récupérer les terres publiques, investies traditionnellement par les femmes pour leur cueillette, leurs troupeaux, le ramassage du petit bois, le petit braconnage….et récupérer le domaine de la santé là aussi traditionnellement dévolu aux femmes. Les femmes qui sont mortes sur les bûchers de la chasse aux sorcières (en Belgique et en France aussi) ont été les victimes de ce basculement de la société vers une structure hyper hiérarchique, duelle, visant à maintenir les femmes dans une production liée au foyer et aux enfants.

Tu l’as vu, ce syndrome de l’imposteur provient d’une longue succession d’idées, de gestes, de remarques qui dépassent ta propre personne et peuvent provenir non seulement de la société dans laquelle nous appartenons mais de toute une succession de lignées féminines, de femmes et d’hommes qui ont participé à qui tu es aujourd’hui non seulement en termes d’ADN mais aussi de croyances limitantes.

Nous aurions inconsciemment intégré l’idée qu’être femme était dangereux, surtout être une femme qui sort des sentiers battus, qui parle un peu plus haut, qui a des idées novatrices… ce qui explique cette tendance à ne pas oser manifester notre légitimité et notre leadership. Et comme le dit l’auteure Marianne Williamson:

Les conséquences: une perte pour le collectif

Les conséquences de cet état d’esprit dépendent de son degré de puissance et de ta capacité à prendre du recul par rapport à cette petite voix qui te dit que tu n’es pas légitime (et qui veut te garder protégée de toute peine, tristesse, sentiment d’avoir échoué).

  • Passer à côté de belles opportunités, de belles rencontres.
  • Ne pas oser te lancer dans un projet innovant -qui pourrait avoir un vrai impact positif pourtant !
  • T’auto-saboter, raboter les possibilités d’innovation dans le collectif auquel tu appartiens.
  • Une confiance en soi qui s’amenuise avec le temps puisque aucun défi accompli ne vient te confirmer que tu peux garder cette confiance (ou plutôt, tu ne vois pas ces accomplissements) !
  • Une confiance en les autres amoindrie également car tu peux te dire que le monde n’est que compétition, que les autres sont foncièrement critiques, jaloux et méchants….
  • Des postes intéressants peuvent te passer sous le nez, des responsabilités t’échapper parce que tu n’oses pas et tu n’es pas convaincue de pouvoir faire le job comme il faut.
  • Et si tu parviens malgré cette petite voix à te lancer dans des projets innovants, tu le fais de façon «petite», sans oser briller par peur d’être remarquée.
 
 

Ça m’est arrivé aussi au moment où j’ai voulu m’écarter de ma route toute tracée dans l’enseignement pour me diriger vers le coaching. J’aimais bien cette route qui m’était confortable: j’adore les enfants et les ados ; j’adore transmettre ; j’adore l’ambiance d’une école, son odeur, ses bruits. Mais j’avais envie de voir ailleurs et je commençais à me sentir fatiguée par le rythme (et j’en ai eu l’opportunité comme je l’explique ici).

Quand je suis devenue coach, j’ai d’abord hésité à mettre de côté mon 1er métier. Je me présentais comme prof et, accessoirement, coach. Comme si c’était un hobby que j’avais sur le côté et non pas une reconversion dans un métier dans lequel je m’épanouis et dont je suis fière!

Et si je regarde encore plus loin sur le chemin que j’ai parcouru, je pense que le choix de mes études a été lui aussi pensé à travers le prisme du syndrome de l’imposteur. En choisissant des études que j’étais presque sûre de réussir et une voie professionnelle pour laquelle j’étais « faite », je diminuais les risques d’échec. Mais aussi je diminuais mes envies et mes rêves -mais je n’en avais pas conscience à l’époque.

Je ne regrette pas ces choix de même que je t’invite à ne pas regretter les tiens. Nous choisissons notre chemin en fonction de raisons logiques et d’autres intuitives, en fonction de notre contexte également. 

Quelques conseils: ta légitimité comme posture d’ancrage

Notre vie est comme un écosystème complexe et résilient dans lequel chaque élément est important. L’arbre ne se demande pas s’il est parfait car il sait qu’un jeune arbre cohabitera avec un vieil arbre, que l’arbre mort offre son tronc creux comme refuge pour les animaux. Il sait que c’est la diversité de la forêt qui permet sa résilience. Les principes de la permaculture à partir desquels j’ai créé un cours en ligne gratuit nous le rappellent et peuvent t’aider à ancrer ta légitimité dans le sol de tes expériences passées.

Ainsi, je te propose de te considérer comme un bel arbre de l’essence de ton choix et de filer la métaphore (je suis une ex-prof de français, rappelle-toi 😉 ).

Il y a peut-être des arbres plus âgés que toi ou des arbres aux essences plus rares.

Peut-être certains ont-ils des racines plus développées ou des ramures majestueuses.

Mais ton arbre est unique et important pour la forêt dans laquelle tu vis, unique par le parcours qu’il a eu, les défis qu’il a relevés, le terreau dans lequel il s’est développé etc etc.

  • Fais une liste de tout ce que te dit la petit voix qui a peur
  • Remercie ton inconscient d’avoir voulu te protéger de ce qui est désagréable ;
  • Parle-toi comme tu le ferais à ton enfant ou à ta meilleure amie;
  • Déconstruis une à une les croyances limitantes liées à ton parcours et à tes envies professionnelles
  • Examine ton parcours professionnel ainsi que ton parcours personnel à la loupe et tires-en un « fil rouge » qui t’amène à tes projets pour demain;
  • Prends soin d’observer toutes tes expériences de vie, même les plus « négatives » ou difficiles car c’est souvent ce qui se cache dans l’ombre ou que nous déprécions qui crée notre légitimité.

Pour conclure, je dirais que la légitimité est une préoccupation importante et qui t’honore. Cela signifie que tu veux donner le meilleur de toi-même et que tu veux créer quelque chose de beau et de grand.

Par contre, la légitimité ne provient pas uniquement de ton diplôme ni du nombre d’années de ton parcours professionnel mais de l’ensemble de ce parcours, de ton parcours de vie, de tes valeurs et de ton envie de créer. 

Ainsi que de ta capacité à t’entourer des bonnes personnes, celles qui sont déjà passées par là ou qui ont une compétence que tu n’as pas: ensemble, on est plus fort et surtout, on va plus loin!

N’hésite pas à me contacter si tu as envie d’être accompagnée dans cette question de la légitimité afin de mener à bien ton projet ou, tout simplement, de te sentir enfin sereine. J’adore quand les femmes que j’accompagne dépassent ce syndrome de l’imposteur et la recherche de légitimité car elles manifestent ainsi toute leur puissance et font bouger les choses dans le monde de l’éducation!

J’espère que cet article t’aura été utile et je serais ravie de lire tes commentaires!

A bientôt,

Amandine

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