Grève des enseignants: réflexion sur l’entraide et la solidarité

La grève interprofessionnelle qui a lieu en France nous convie à réfléchir à la valeur Entraide qui la sous-tend.

L’entraide est une valeur chère à mon coeur. Notamment parce que c’est grâce à elle qu’une petite fille, qui allait devenir ma grand-mère, fut sauvée de la mort que lui destinaient les Nazis. Tout un réseau d’entraide s’était constitué pour cacher les enfants juifs et des gens tout à fait ordinaires méprisèrent le danger pour faire ce qui était juste.  Quand je vois des milliers de personnes manifester pour une cause sociale, cela me rappelle que c’est le Collectif qui a permis à ma grand-mère de vivre et j’aime donc me pencher sur ce qui le fonde. 

L’année dernière, en Turquie, alors que j’enseignais le français, mes étudiants turcs et moi avions longuement évoqué le mouvement des gilets jaunes. Ils étaient admiratifs et stupéfaits devant la liberté d’un tel mouvement citoyen. Ils n’avaient jamais eu l’occasion de vivre le frisson qui nous parcourt physiquement quand on est plusieurs milliers à scander un slogan, la joie de défiler sous une bannière qui demande davantage de justice sociale, l’entraide qui se ressent au plus profond de nous quand nous regardons les visages qui nous entourent et qui partagent les mêmes valeurs.

Oh, ils en avaient vécu un ersatz en tant que supporters de foot. Mais j’étais désolée pour eux car je savais qu’ils ne vivraient pas de sitôt une vraie manifestation sociale, de celle qui nous galvanise car elle provient d’une vision partagée.

Aujourd’hui, ce sont les enseignants qui décident de s’unir pour conserver des droits durement acquis et j’aimerais faire le lien entre ce mouvement collectif et le développement personnel car je les considère interconnectés.

Un fonctionnement millénaire

Nous vivons en collectif depuis l’âge des peuples « racines » , comme les appelle Sabah Rahmani, et notre survie physique et morale en dépend. Le nourrisson naît prématurément au regard des autres espèces et ne doit son bon développement qu’aux soins attentifs et aimants des adultes qui l’accueillent sur cette terre. De cette fragilité première naît notre besoin d’appartenance, aussi important que nos besoins physiologiques.

Notre fragilité physique en tant qu’individu nous oblige à nous fier non seulement à notre astuce mais aussi aux qualités de nos congénères. Il suffit d’imaginer une scène de chasse au mammouth pour visualiser directement le nombre de personnes nécessaires à cette immense tâche. On sait aujourd’hui que le cerveau secrète de la sérotonine lorsque nous nous entraidons (ce qui explique les frissons dont je parlais plus haut). C’est un moyen pour lui et l’évolution de nous récompenser de ce comportement sociable bon pour nous mais surtout bon pour tout le groupe.

La somme plus forte que les parties

Selon Peter Gray, la force du groupe-racine provient de la somme de toutes les qualités et compétences de ses membres et non de la perfection de l’un ou l’autre de ses membres chargé de guider les autres sous prétexte qu’il est davantage ceci ou cela. Non, un groupe efficace ne donne pas tous les pouvoirs à un leader : il l’autorise à prendre cette place uniquement s’il valorise chacun de ses membres. Cette organisation originelle s’observe encore chez les Pygmées par exemple.

Un fonctionnement semblable à celui de la nature

Nous agissons donc de la même manière que les écosystèmes autour de nous, faits de multiples éléments disparates qui, ensemble, créent un système complexe, autorégulant et résilient.

L’autre loi de la jungle, c’est bien l’entraide comme le dit si bien Pablo Servigne et comme le modélisent les principes de la permaculture. Et de même que nos sociétés se sont éloignées du modèle-racine (avec la révolution agricole notamment), de même nous nous sommes éloignés de ce qui fait un écosystème sain et résistant. Nous le voyons dans nos sociétés inégalitaires et bien sûr concrètement dans le climat bouleversé.

Développement personnel et développement collectif

Tout ceci me pousse à affirmer que le développement personnel a été mal compris. Alors que je me suis spécialisée dans l’accompagnement, je veux réaffirmer qu’il ne s’agit pas d’acquérir, comme on achèterait en magasin, tout un arsenal de qualités/compétences/savoir-être afin de devenir une « super-woman » du développement personnel : intelligente, résiliente, astucieuse, bienveillante, confiante, spirituelle, bien dans son corps etc. Et de « réussir » ou « atteindre ses objectifs » à la manière d’une entreprise.

Non, il s’agit plutôt de décider d’aller vers son « plein potentiel ». Qu’est-ce que cela veut dire au juste ? Si vous êtes introverti.e, alors allez « à fond » vers votre besoin de vous ressourcer seul.e. Si vous êtes le « râleur de service » continuez : on a besoin de gens comme vous pour constamment remettre en question les certitudes. Si vous êtes stratégique, bonne organisatrice, super communicant.e ou doué.e pour connecter les gens entre eux alors cultivez ce talent et faites-en une force. Ne cherchez pas à copier votre voisin.e ou à devenir comme votre collègue. Car en allant vers votre propre plein potentiel, vous apportez votre pierre à l’édifice de l’écosystème auquel vous appartenez. 

Le développement personnel n’est pas une pratique individualiste.

Une décision politique

Prendre la décision de devenir « sujet » imprévisible et non plus objet soumis aux aléas de la vie est une option particulièrement politique en ces temps où on nous voudrait davantage prévisibles et algorythmables. S’unir dans cette décision me paraît d’autant plus fort.

Faire grêve, manifester sont des formes d’expressions concrètes de la solidarité qui nous unit entre êtres humains. Quand on exige la justice sociale, on s’inscrit dans la droite ligne des précédentes revendications qui ont permis d’aller vers un peu plus d’égalité dans nos sociétés européennes. On vit là l’entraide de façon grandiose. Je souhaite que cette dynamique se propage à l’intérieur de tous nos « écosystèmes » : établissement, classe, vie personnelle et associative. De façon peut-être moins visible mais tout aussi puissante.

Le stress comme empêcheur de prise de décision consciente

Le stress peut nous empêcher de prendre ce genre de décisions conscientes. Le stress naît d’une accumulation de petites agressions quotidiennes qui, au final, nous font nous sentir impuissant.e.s, comme des objets soumis de façon permanente à des vents contraires. Etre enfermé dans une voiture pendant un embouteillage, compressé dans un métro, soumis au bruit d’une école etc sont autant de situations qui, en fonction de notre sensibilité et de notre histoire, peuvent créer ce stress. Notre organisme le manifeste à travers des problèmes de sommeil, de sexualité, d’alimentation, de l’agressivité, une fatigue permanente, des idées noires etc. 

Je me suis inspirée des principes de la permaculture afin d’ offrir des pistes de réflexion et surtout des applications concrètes dans la vie quotidienne afin d’aider à limiter les causes et les effets du stress. “Diminuer son stress grâce aux principes de la permaculture” permet en 12 jours et gratuitement d’apprendre à :

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Bonne semaine!

Amandine

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