Pourquoi utiliser son intuition quand on est prof ou qu’on gère une école

Quand j’ai peur ou que je ne sais pas quoi décider, je fais appel à une de mes forces : mon intuition. Ça n’a pas toujours été le cas.

J’ai décidé d’écouter ma petite voix intérieure après la naissance de mon premier enfant qui s’est terminée en césarienne d’urgence. J’avais en effet fait tout un tas de choix pendant ma grossesse dictés par mon « mental » très  rationnel et les avis de mon entourage: pas de sage femme privée ni ne doula, pas de projet de naissance naturelle.

Après avoir vécu un travail douloureux et long pendant que le personnel hospitalier débordé courait d’une chambre à l’autre et subi cette césarienne qui m’a laissée traumatisée…j’ai compris petit à petit que je m’étais abritée derrière la logique pour ne pas affronter mes peurs : accoucher, devenir maman, oser agir à contre-courant.

Si j’avais écouté la petite voix de mon intuition  qui me disait de trouver une doula ou une sage sage-femme qui me suivrait personnellement…les choses se seraient peut-être passées autrement. Je l’ai compris après coup.

Loin de moi l’idée de promouvoir tel ou tel type de structure car tout dépend du contexte. Si je partage cette histoire très personnelle et encore un peu douloureuse 8 ans après (j’ai d’ailleurs le rouge aux joues en écrivant cela), c’est parce que j’avais envie de te montrer combien violente avait été la prise de conscience que je devais écouter mon intuition. Et t’affirmer qu’il n’est pas toujours nécessaire de passer par un événement si traumatique pour comprendre avec son cœur qu’il est essentiel d’écouter la petite voix qui nous veut du bien.

L’intuition est cette petite voix qui nous donne la marche à suivre en situation de crise. Elle est dépourvue de cynisme ou de peur car elle est liée à l’amour : amour pour la vie, pour la planète, pour tous ses habitants. Plus on l’écoute, plus elle devient forte et nous emmène loin, comme ces arbres que j’ai mis en illustration de l’article.

Une tendance à rester du côté de l’intellect

Peut-être toi aussi suis-tu déjà ton intuition au quotidien, pour les choix qui n’ont peut-être pas beaucoup d’importance. Mais pour le reste, tu vas plutôt utiliser ton côté rationnel voire intellectuel, hyper développé grâce à tes études, aux concours que tu as passés et à ta façon d’être en général très « cérébrale ». Pas question de laisser libre cours à ta sensibilité, tes émotions sous peine de perdre en crédibilité (ça, c’est ce que tu crois !).

Dans le domaine de l’éducation, on entend souvent chez les pédagogues que l’enseignant doit appliquer des méthodes basées sur la preuve (« evidence-based ») et si possible prouvées par les neurosciences. Tandis que pour la hiérarchie, c’est le management copié sur les entreprises avec résultats à prouver qui est recommandé. Je ne réfute pas l’importance de s’appuyer sur la science, les chiffres ou le rationnel pour savoir où on en est et avancer. Je suis la première à apprécier l’éclairage que peut nous donner la recherche, à lire des articles scientifiques et des bouquins sur le sujet. Ce que je réfute, c’est, la place méprisable accordée à l’intuition. Dans le meilleur des cas, elle passe en second lieu dans les décisions quotidiennes. Dans le pire des cas, et bien souvent en ce qui concerne les décisions impactantes, elle passe à la trappe.

Et s’il était possible d’à la fois garder une rigueur intellectuelle ET de t’autoriser à libérer ton intuition ?!

Ce que je te propose…c’est d’oser écouter ton intuition pour tes décisions quotidiennes, grandes et petites, et pour ton travail d’actrice de l’éducation. Car je suis persuadée que si tous ceux qui travaillent avec nos enfants étaient en lien avec leur intuition et non pas seulement avec leur côté rationnel, on pourrait changer les choses positivement dans les établissements scolaires.

Décider dans l’incertitude

Si tu es prof, tu sais qu’enseigner c’est, selon le titre d’un ouvrage de Perrenoud, «Agir dans l’urgence,  décider dans l’incertitude » : devoir faire de nombreux choix, tout le temps et tous les jours sans être sûrs qu’ils soient les meilleurs à faire.

A partir d’un programme, tu dois décider non seulement de sa chronologie mais aussi de la méthode pédagogique que tu vas adopter, de ta posture, du type d’exercices, des sorties ou projets que tu vas peut-être intégrer … Et comme tu travailles avec de jeunes êtres humaines, tout peut arriver : un élève qui pose une question qui fait rire toute la classe, un autre malade, une dispute entre élèves, une bagarre, le cliquetis constant d’un stylo, le décès d’un parent qui bouleverse tout le monde.

Et pour gérer tout cela, tu as, au choix, suivi les conseils de tes collègues, de tes formateurs ou acquis de l’expérience « à la dure », au fur et à mesure des années à moins que tu ne sois une fana de livres de pédagogie et que tu t’essaies à toute nouvelle méthode en espérant que ce soit la bonne.

Et si tu utilisais tes 5 sens et ton intuition pour faire tous ces choix facilement et en lien avec ce qui peut promouvoir le bon, le bienveillant et le lien avec les autres ?

Avant de te parler du comment, je voudrais évoquer avec toi ce que j’entends exactement par intuition et en quoi elle est à la fois une force tout à fait banale ET puissante.

Enseigner, c'est "agir dans l'urgence et décider dans l'incertitude".
Amandine Rozet

Une force plutôt banale

On appelle l’intuition « le 6ème sens ». En fait, il s’agit plutôt de la somme des 5 sens que nous connaissons de façon plus classique : le goût, l’odorat, l’ouïe, le toucher et la vue. Toutes les infos obtenues à travers ces sens sont si nombreuses qu’un système de criblage est mis en place en fonction de nos filtres internes. C’est-à-dire, nos croyances, nos valeurs et ce sur quoi nous voulons nous concentrer. Tout le reste passe à la trappe.

Mais si je décide d’augmenter le pan de ce que mon cerveau réceptionne ET que j’accepte des conclusions au fondement logique invisible basées sur ces informations alors j’aurai accès à ce fameux 6ème sens.

Notre cerveau est capable d’enregistrer toutes les informations qu’il reçoit constamment et d’en tirer des conclusions fantastiques sur les événements qui pourraient survenir. Les peuples premiers se servaient de cette force pour leur vie quotidienne, trouver un point d’eau, un animal, guérir un malade, renforcer le collectif en partageant leurs rêves. Ce n’est pas mystérieux du tout si on accepte l’idée qu’il s’agit d’une compétence de notre cerveau qui a été reléguée derrière le mental. Si tu as développé déjà ton mental alors tu peux maintenant oser développer cet autre aspect de ta personnalité !

Et pourtant si puissante !

Comme je le disais dans le précédent paragraphe, tu as déjà développé ton côté intellectuel et tu peux t’appuyer sur ta raison pour plein de choses utiles au quotidien, pour faire des plans, des programmes, gérer les aspects pratiques de ta vie.

Peut-être reçois-tu déjà ces messages de ton inconscient mais as-tu décidé de ne pas leur faire confiance ou très peu souvent. Comme s’il s’agissait de voix insensées ou de sensations tellement imprécises qu’elles ne valent pas la peine qu’on s’y attarde. Chez moi, ce sont des frissons qui parcourent mon bras droit ou ma nuque. Ou des couleurs qui deviennent soudain plus vivaces. Et chez toi ?

L’intuition est associée à la sorcellerie, à la magie…et nous savons toutes au plus profond de notre inconscient collectif et dans nos cellules ce qui est arrivé aux sorcières (certaines peut-être parmi nos ancêtres) à partir de la renaissance, tandis que la science gagnait ses lettres de noblesse. L’intuition est également associée aux femmes et, de ce fait, a tendance à priver les hommes l’accès à cette force que nous possédons tous et toutes comme le savent bien les peuples premiers.

Et même si la société patriarcale diffuse a instillé dans nos esprits qu’une femme ne doit pas parler trop fort, ne doit pas trop briller, ne doit pas sortir des sentiers battus….cela est le passé. Aujourd’hui, il est temps que tu oses faire confiance à ces intuitions !

Car ce sont elles qui te soufflent quoi dire à ton élève triste parce que ses parents divorcent.

Elles qui te guident quand tu choisis le thème de ta séquence, ta progression, tes exercices.

Elles qui te poussent à aller vers les bonnes personnes autour de toi : collègues chaleureux et positifs, parents soutenants.

Elles qui te donnent l’envie de saisir des opportunités nées du hasard, de coïncidences…ou de synchronicités.

On lit parfois qu’il nous faut « dépasser l’intuition », comme si c’était mal de suivre son instinct, comme si forcément il s’agissait d’une force mystérieuse qui ferait faire n’importe quoi aux acteurs et actrice de l’éducation, des professionnels de l’éducation.

Je suis persuadée pourtant que cette force n’est pas mystérieuse et qu’elle est très puissante. Que guidée par elle, nous pourrons changer le paradigme de l’école et participer à la création d’une société plus humaine et plus juste. Et plus concrètement, l’utiliser en premier lieu pour décider dans l’incertitude.

Bien utiliser son intuition et la distinguer des peurs et croyances qui filtrent nos réalités demande de l’attention quotidienne et un travail conscient pour se la réapproprier. 

Si tu souhaites développer ton intuition et t’autoriser à le faire dans ta vie professionnelle également j’ai créé un groupe pour les actrices de l’éducation : enseignantes, directrices, proviseures vous êtes toutes les bienvenues !

Je vais y lancer à partir de la fin du mois un défi en 5 jours. Chaque jour, je te livrerai une clé pour développer ton intuition dans ton établissement!

Rejoins-moi gratuitement en cliquant sur ce lien Facebook et retrouve le replay de la conférence « Dépasser son perfectionnisme: les 4 étapes pour développer son intuition et gagner en sérénité et efficacité » en cliquant sur l’image ci-dessous.

A bientôt!

Amandine

Je soutiens les Actrices de l’éducation qui veulent retrouver la sérénité.

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