Ubuntu: une philosophie de l’entraide

Bonne année 2020 !

Je te souhaite une année sous le signe de l’Ubuntu , ce terme popularisé par Desmond Tutu et Nelson Mandela à la fin de l’apartheid. Issu des langues bantoues parlées en Afrique centrale et australe, et à rapprocher du proverbe  « Umuntu ngumuntu ngabantu » (« Je suis ce que je suis parce que vous êtes ce que vous êtes »), le mot Ubuntu pourrait se traduire par « humanité ».

Pour ma part, j’ai découvert ce concept alors que je faisais des recherches sur la philosophie africaine. Ubuntu représente la philosophie de beaucoup de peuples d’Afrique, une philosophie que j’ai pu entrapercevoir lors de mon séjour de près de cinq ans au Cameroun, en terre africaine. C’est là-bas que j’ai ressenti l’Ubuntu dont parle Mandela à travers notamment cette phrase rituelle d’au-revoir, qui chaque fois me touchait au cœur, « on est ensemble ». C’est là aussi que j’ai appris les techniques de coaching et de PNL en compagnie de collègues camerounais qui m’ont appris à me sentir à ma place parmi eux.

Prôner l’Ubuntu, c’est affirmer que l’individu n’est rien sans les interactions qu’il vit avec les autres.

Que bien qu’un temps d’introspection soit nécessaire pour mieux se connaître, il est essentiel de prendre le temps de construire du lien entre les êtres humains.

Et donc de se considérer comme faisant partie d’un tout, l’humanité.

Dire d’une personne qu’elle a de l’Ubuntu, c’est donc lui faire un sacré compliment !

Comme j’avais envie d’approfondir le concept pour l’école et pour les actrices de l’éducation que j’accompagne, j’ai choisi de lire pendant mes vacances le livre de Mungi Ngomane (petite-fille de Desmond Tutu) « Ubuntu, je suis car tu es », des éditions Harper Collins.

L’auteur nous explique en 14 chapitres, dans un bel ouvrage tout en couleurs, en quoi l’Ubuntu gagnerait à être vécue au quotidien, ici en Europe et partout ailleurs.

Mungi Ngomane illustre ses propos d’exemples frappants tirés de la vie de Mandela et de Desmond Tutu et d’Afrique du Sud en général, un pays de contrastes tant économiques que géographiques dont je garde un souvenir attendri de ma visite en 2014 🙂 .

Voici les 14 points qui fondent cette philosophie et leurs liens avec la philosophie de la permaculture que j’évoque dans mon cours « Diminuer son stress ». Il ne s’agit pas d’un simple résumé car je développe la pensée de l’auteur à partir de ma propre expérience de vie et de mes réflexions de coach en lien avec la philosophie de l’Ubuntu.

Bonne lecture!

1. Se voir dans autrui

Se voir dans autrui…c’est-à-dire considérer chaque être humain comme ayant une valeur égale, peu importent ses qualités, son genre, sa couleur de peau ou son diplôme.

Nous sommes interconnectés et égaux. Nous naissons aussi merveilleux les uns que les autres : un nouveau-né qui inspire pour la première fois n’est-il pas juste parfait ? Penser ainsi nous permet de créer plus facilement du lien entre nous. Cela permet aussi de ne pas se sentir complexé.e parce qu’on serait plus grosse, plus vieille ou moins éduquée que quelqu’un d’autre, pas assez quelque chose…. L’autre est mon égal, même si nous ne sommes pas d’accord ou que nous semblons n’avoir rien en commun.

Je veux le respecter et me respecter également. Si je manifeste des qualités associées à la féminité et donc dépréciées dans notre société comme la sensibilité, l’émotivité, le besoin de parler… je respecte cela et le valorise. Si je travaille avec des enfants, je les considère comme de valeur égale à moi et les respecte d’autant. Nos différences d’âge, d’expérience et de connaissances ne justifient pas le mépris mais au contraire ma tendresse et mon respect. Car je vis mes valeurs dans ma vie personnelle ET au travail.

Que peux-tu faire concrètement au quotidien pour te respecter et respecter l’autre? 

Je te propose de répéter aussi souvent et fréquemment que nécessaire: « Je suis assez Y/je ne suis pas trop X: je suis quelqu’un de valeur« 

2. L’union fait la force

A notre naissance, nous sommes  totalement immatures par rapport à d’autres espèces de mammifères qui savent déjà galoper, brouter ou nager. Notre vulnérabilité est si forte que notre survie dépend totalement des autres. L’être humain sait au plus profond de lui que, dès sa naissance, seul, il ne peut rien.

L’ubuntu nous demande de réaliser que notre volonté d’être totalement indépendant est un leurre de la modernité. Tout semble reposer sur nos épaules et cette charge pèse si fort qu’elle engendre angoisse et stress. Je pense notamment à celle que peut ressentir une enseignante ou une directrice d’école qui est submergée par l’administratif, les réunions, ses cours et la gestion des relations avec les collègues et les élèves. Comme si tout ne dépendait que d’elle.

Sans se dédouaner de notre part de responsabilité, il s’agit d’accepter que tout ne dépend pas que de nous. Quel soulagement, non?

La contrepartie, c’est que cela nous demande d’assumer notre vulnérabilité afin de partager nos préoccupations avec les autres. Parler de nos difficultés, de ce que nous avons sur le coeur. Ce n’est pas facile car qui sait comment la personne en face va réagir? Va-t’elle se moquer de nous? Se détourner?C’est un risque à prendre. Seule la garantie d’un cadre bienveillant peut nous permettre d’expérimenter la force qui naît de l’union des personnes. 

L’entraide et la solidarité entre les individus permet non seulement de faciliter leur vie mais aussi d’avoir un impact sur des domaines hors d’atteinte pour une personne seule. Des lois injustes, une société inégalitaire, un danger qu’il faut affronter mondialement comme la survie de la planète sont autant de causes que le nombre permet de défendre.

On peut se mettre ensemble pour défendre de grandes causes mais aussi pour le simple plaisir de se sentir à sa juste place, entouré.e de personnes qui partagent nos valeurs ou nos préoccupations. Se sentir entendu et dire à haute voix ce qui nous préoccupe aident à mieux comprendre la situation à la fois avec la tête et avec le cœur.

Avec qui aimerais-tu créer un groupe d’entraide? Quelle cause te tient-elle à coeur? 

3. Se mettre à la place des autres

Cultiver l’empathie, cette capacité de se mettre à la place des autres (« dans leurs chaussures » comme ils disent en anglais), est une clé pour avancer ensemble. Elle permet de dépasser les désaccords de surface pour atteindre le cœur de nos ressemblances, à savoir nos chagrins, nos besoins, nos souffrances communes et notre condition mortelle. Une fois que nous nous voyons comme des êtres vulnérables, sujets aux maladies, à la mort, à la perte en général, il est plus facile de dépasser nos jugements et nos préjugés. Cela vaut aussi pour ceux qui nous auraient blessé sans le vouloir.

Bien souvent, quand une personne nous blesse, il ne s’agit pas d’une affaire personnelle mais plutôt d’une conséquence de son système de pensée ou bien du nôtre. Cela n’efface pas le tort causé, mais le savoir permet d’éviter l’escalade de haine qui engendre davantage de souffrance pour tous.

Dans quelles « chaussures » voudrais-tu te mettre aujourd’hui?

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